Le spectacle de la déchéance politique offre chaque jour de nouveaux numéros. Dernier épisode en date : le « grand oral » des prétendants à la présidence de la République devant un aréopage de chefs d’entreprise.
Ce qui devrait être la rencontre entre une personnalité d’État et un peuple tourne ainsi à la foire aux certifications. Pour paraître crédibles, ces ambitieux sans stature viennent chercher l’onction de quelques « décideurs », comme si l’aptitude à gouverner devait désormais recevoir son brevet de la puissance économique.
Les postulants à l’Élysée
passent leur entretien d’embauche.
Une grande figure politique s’impose à la Nation par son charisme, sa force de conviction, l’autorité de ses actes passés. Elle ne sollicite pas le visa du MEDEF.
En acceptant de soumettre la fonction suprême à ce petit cirque managérial, ces nains politiques achèvent de la désacraliser. Mais les Français ont les comédiens qu’ils méritent : quand la politique s’efface devant le guichet des affaires, quand un régime ne produit plus de personnalités capables de s’imposer sans audition, jury ni certificat de conformité, il avoue son épuisement.
Cadavre en décomposition, le système républicain poursuit pourtant la représentation, offrant aux Français un spectacle pathétique.



